ACL PROXIPOL "Cité Liberté"

, popularité : 90%
Rencontre avec l’association ACL Proxipol

- Autrefois située dans la Ferme Marchand de la Cité des Cheminots, L'équipe dirigeante d'ACL Proxipol {JPEG}l’association se situe à présent au centre de Saint Pol sur Mer, rue Gittinger : un vrai bouleversement qui remet en cause bien des choses.
Lorsque nous entrons dans ces nouveaux locaux, ce qui surprend en premier lieu c’est leur modernisme par rapport à la ferme Marchand. Mais aussi l’étroitesse des accès, couloirs et escaliers où il n’est pas aisé de se croiser. Le bâtiment est encore en travaux et des agents techniques s’affairent dans tous les coins. Coups de marteaux et bruits de perceuses nous le rappelleront durant tout l’entretien La présidente, Mme Lavoisier, bientôt accompagnée du directeur M Praz nous invite dans la cuisine, actuellement l’endroit le plus tranquille.

- Nos premières questions concernent les répercussions de ce changement de lieu sur l’activité de l’association.
Comme nous pouvions nous y attendre, elles sont nombreuses.
Passer d’une cité populaire au centre-ville fait que ça n’est pas la même population que l’on touche.
Tout d’abord il a fallu se faire connaître, puis reconnaître, par les habitants du centre ville.
Force également de constater que les habitués de la Ferme Marchand n’ont pas suivi l’association dans son éloignement. Du coup les attentes ne sont plus les mêmes.
Ainsi, le vestiaire mieux fourni qu’auparavant par des dons de voisinage, avec des habits d’une autre qualité et avec des destinations différentes comme des tenues de ski répond moins aux besoins d’un quartier où la précarité est moindre. Cette reconnaissance par les dons est un encouragement qui montre bien que la carte de la proximité, toujours jouée par l’association est la bonne. Quant au déficit de demande, il sera comblé par des bourses aux vêtements décentralisées et plus nombreuses dans le Centre Social de la Cité des Cheminots.
Autres conséquences, celles dues à la superficie bien moindre des nouveaux locaux.
La plus visible, pour ceux ayant connu la ferme Marchand est l’exigüité du vestiaire. Celui ci a la taille d’une chambre, l’autre avait des allures de supérette.
Plus conséquent est la disparition de l’espace « initiation à l’informatique » qui correspondait à un réel besoin. Une solution, décentralisée, est en cours d’étude pour y remédier. Volonté et optimisme semblent de mise.

- La laverie sociale, en quoi consiste-t-elle et qu’apporte-t-elle ?
Installée dans le Centre social de la Cité des Cheminots, elle comprend 2 machines à laver et 2 sèche-linge. Il y a également un poste de repassage. Répondant à une demande forte du quartier de la cité de transit, elle permet à des gens très démunis d’avoir accès à un véritable service pour une somme modique. Pour faire fonctionner ce service, il a fallu créer un premier emploi d’insertion puis un second. Le linge peut être simplement lavé ou lavé et séché ou enfin, également repassé.
Cette prestation sociale peut parfois dépanner d’autres personnes (panne de leur machine, etc.) mais dans ce cas, le tarif est différent de celui proposé aux personnes signalées par les services sociaux.
A ce service est venu s’ajouter une possibilité de portage à domicile pour les personnes âgées ou handicapées.

- Et l’atelier couture ?
Comme toutes les activités de Proxipol, cet atelier fonctionne avec essentiellement une volonté de réinsertion, un objectif d’accès ou de retour à l’emploi. Ainsi, actuellement cinq personnes, du niveau débutant à celui de très compétent sont en activité sur ce métier. L’atelier ne perd pas de vu l’action sociale et solidaire. En ce moment, à partir d’un coupon de « polaire » fourni par l’association SALAM, des bonnets sont fabriqués pour les migrants. Cet aspect utilitaire n’empêche pas les salariées d’avoir d’autres ambitions et c’est avec bonheur et réussite qu’elles pratiquent la création.

- 
Quid de l’alphabétisation ?

Cette activité est toujours très demandée et est décentralisée à la Maison de Quartier de l’Ile Jeanty et à la Maison des Services. A l’Ile Jeanty, les cours ont lieu une fois par semaine et deux fois la semaine pour la Maison des Services. Cette activité est assurée par deux bénévoles.

- 
L’insertion par l’économique est donc l’ambition majeure de Proxipol ?

En effet, en 2006, 21 personnes ont été salariées de Proxipol. Certaines sur des fonctions ne nécessitant pas de pré requis comme la gestion du vestiaire, d’autres avec un bagage mais en difficulté faute d’un premier emploi. Dans ces cas là, l’expérience peut durer près de deux ans et concerne les métiers du secrétariat et de la comptabilité. Chacune des employées est venue sur indication des prescripteurs. Tous sont venus sur un besoin soit social, soit économique. Après leur passage à Proxipol, un bon tiers des salariés trouve ou retrouve durablement un emploi.

- Vos sources de financement ?
Nous nous finançons à hauteur de 10%. C’est peu mais avec le public de Proxipol il est difficile de mettre la barre plus haut sans perdre le but social de l’association. Nous dépendons essentiellement des financeurs institutionnels qui n’ont de cesse de nous encourager dans notre action. Mais le résultat est là : nos subventions ont diminuées de 30% en quelques années sans qu’elles soient compensées par ailleurs comme par des fonds européens. Nous nous battons tous les jours pour ne pas tomber dans une logique d’économie marchande qui consisterait à supprimer les activités sans aucune rentabilité.

- Votre association est membre du Carrefour des Solidarités. Qu’y avez-vous trouvé ?
L’intérêt de notre appartenance au Carrefour des Solidarités c’est : d’échanger, réfléchir avec d’autres associations ayant les mêmes publics et les mêmes préoccupations ; ne pas être seul et pouvoir avoir un soutien ou soutenir les autres : par rapport au public, être en cohérence avec le territoire et les autres associations, en agissant collectivement ; être une force vis à vis des collectivités, des administrations, des pouvoirs publics ; réfléchir et trouver ensemble des pistes de solution aux problèmes des publics ; ne pas être isolé ; pouvoir bénéficier des formations proposées pour les bénévoles ; personnellement, ça m’a donné de la force pour continuer.

- Et le bénévolat ? Et France-Bénévolat ?
L’association fonctionne grâce à 8 bénévoles réguliers et elle peut compter sur une vingtaine d’autres qui répondent régulièrement présents dès qu’ils sont sollicités. Ce que nous a apporté France Bénévolat ? Trouver les ressources humaines que nous n’étions pas capables de trouver dans notre environnement et nous aider à réfléchir sur nos besoins

- Merci Madame Lavoisier, merci Monsieur Praz et merci aux salariées de s’être prêtées de bonne grâce à la séquence photo.

- Quelques étapes importantes :
L’association ACL ProxiPol, autrefois Cité Liberté, fut crée en 1988 dans la cité de transit les Pâquerettes, Cité Liberté. L’objet initial de l’association fut d’offrir aux jeunes des loisirs et des vacances.
1990 :
Après analyse des besoins avec l’aide des travailleurs sociaux, ouverture d’une laverie sociale.
1992/1993 :
Création dune Carte « Cité Liberté » et signature de la charte par les partenaires institutionnels de la Politique de la Ville.
L’ouverture du Centre Social Pierre Mendès France sur le Quartier permettra la reprise des activités jeunesse par le Centre. Ce qui entrainera en 1994 un changement d’activité et donc de statut et un premier déménagement.
1995/1996 :
Création d’un vestiaire social et d’un atelier d’insertion couture, création de permanences « droits et devoirs »et d’ « ateliers d’apprentissage du français courant »
1997 :
Changement de locaux vers la Ferme Marchand, Cité des Cheminots.
1998/1999 :
Étude de besoins sur la création de nouveaux services de proximité, financé par le Conseil Régional en lien avec le Comité du Bassin de l’Emploi. La finalité de cette étude étant la mise en œuvre de la consolidation de l’existant et de la création de nouveaux services avec l’objectif d’une forte implication dans le secteur économique et social autour des problématiques de la formation et de la qualification.
Création du poste « Écrivain Public »
Adhésion au FLES (Fonds Local Emploi Solidarité).
2000 :
Changements de statuts avec modification de l’objet, nouvelle appellation : « Acl Proxipol ».
Évolution de la notion de territoire, élargissement à l’intercommunalité
Notion d’ « utilité sociale ».
Adhésion au « Carrefour des Solidarités » pour un meilleur travail en réseau.
2001/2002 :
Conventionnement par le CDIAE (conseil départemental de l’insertion par l’activité économique) pour l’emploi de personnes en insertion sur des postes aidés
Adhésion au PLIE (Plans Locaux d’Insertions
2003/2006 :
Questionnaire aux adhérents sur de nouveaux besoins
Etude réalisée dans le cadre d’un DLA (Dispositifs Locaux d’Accompagnement).
Mise en place d’un service portage du linge en lien avec la laverie sociale
Changement de locaux dus aux transformations sur le quartier

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