SOCIETE DE SAINT VINCENT DE PAUL

jeudi 5 avril 2007
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Rendez-vous au local avec Christine Joseph, présidente du conseil local pour Dunkerque de la Société de St Vincent de Paul. Première surprise, émaillée d’un gros doute : l’adresse est celle d’un garage du Boulevard Diderot ! Et pourtant c’est bien là et tout s’éclaircira au fil de la conversation.


Christine Joseph, pouvez-vous nous parler de l’histoire de la Société ? De votre organisation ?

La Société de St Vincent de Paul n’a bien sûr pas été crée par St Vincent mais par Frédéric Ozanam. La création en 1833 d’une conférence est donc a l’initiative de ce jeune étudiant de 20 ans, aidé d’autres amis qui ont eu l’idée de la dédier à St Vincent de Paul bienfaiteur et engagé contre la pauvreté en son temps.
Mme Joseph, présidente du Conseil Local

Au départ il s’agit réellement de conférences sur la charité, sur la pauvreté, sur ses origines. A cette époque, le seul moyen de sensibiliser la population au problème de la pauvreté était la parole en public.

Pour ce chrétien engagé, très vite ni la parole ni la prière ne suffisent : il faut aller vers les pauvres, vers ceux qui souffrent. Il sera aussi un des premiers à associer valeurs chrétiennes et valeurs républicaines.

Notre structure comprend un Conseil National, des Conseils Départementaux, des Conseils locaux et des Conférences dont les zones d’action se recoupent avec celles des paroisses.

Donc, pour Dunkerque ?
Nos quatre Conférences tiennent leurs réunions une à deux fois par mois dans les paroisses :

- Secteur de Malo, paroisse Notre Dame du Sacré Cœur
- Secteur de Coudekerque, paroisse Saint Martin
- Secteur de Dunkerque, paroisse Saint Éloi.
- Secteur de Rosendaël, paroisse Sainte Bernadette.
Les quatre conférences se retrouvent dans le Conseil local qui tient ses réunions une fois par mois dans la paroisse Ste Bernadette.

Votre activité est connue surtout par l’aide alimentaire qu’elle apporte aux plus démunis.

Nous faisons partie de la Banque Alimentaire et à tour de rôle, deux par deux les Conférences se chargent d’approvisionner notre entrepôt et de trier conserves et produits frais pour les 4 secteurs. Cet apport de la Banque Alimentaire est indispensable mais souvent insuffisant. Nous le complétons par des achats. De même nous achetons des produits spécifiques tels que les changes pour bébés, des produits d’hygiène, de l’huile, du lait, de la farine, du café...

Parfois nous sommes également amenés à faire des dépannages financiers (factures EDF par exemple).
Nous les aidons à faire des démarches auprès des assistantes sociales ou d’autres organismes ou associations. Nous ne faisons que ce que nous savons faire, nous ne sommes pas des professionnels. Chacun fait avec ses moyens et ses capacités.

Mais notre spécificité est que nous apportons, lors de nos visites à domicile, les colis aux familles signalées par les assistantes sociales et les CCAS, afin d’établir un contact qui est primordial et de créer du lien social C’est indispensable pour nous et encore plus pour les familles, le but est de rompre la solitude et l’isolement. Nous sommes attendus comme on attend des amis.

Cette façon de procéder est nouvelle ?

Sur Rosendael, lorsque nous avions un local, les gens venaient et faisaient la queue sur le trottoir, parfois dès quatre heures du matin. Cette façon de faire n’était pas très digne. J’en étais vraiment gênée. Je me suis entendue avec la Direction de la Maison de Quartier de Rosendaël, tout de suite partante, et tout le monde se retrouva là avec plaisir. Il y a bien eu des hésitations de la part des bénéficiaires que cette structure intimidait mais rapidement du lien s’est crée et chacun y trouva son compte.

Aujourd’hui, nous nous sommes installés dans un entrepôt (le garage) et le Conseil Départemental nous a permis d’acquérir une camionnette ce qui nous a permis de développer une autre stratégie privilégiant le contact lors de nos visites mensuelles à domicile mais les aides exceptionnelles peuvent se faire aussi dans le cadre de la Maison de Quartier de Rosendaël un mercredi par mois. Garder ce contact avec cette structure est important. Il faut que nos familles continuent de s’y trouver bien, qu’elles profitent des animations.

Combien de familles arrivez-vous à aider ainsi ?

Nos colis dépannent 160 familles, 500 personnes environ. Les colis permettent 8 repas par mois pour une famille de 4 personnes.
Ces familles vivent pour la plus part sous le seuil de pauvreté (6€/jour/personne).

Vous parliez d’aides financières et d’achats divers : comment les financez-vous ?
Nous vivons surtout des dons, legs, quêtes, partenariats et seule une petite subvention de la ville de Dunkerque nous est octroyée.

Vous êtes membre du Carrefour des Solidarités : à quoi vous sert cette structure ?
Le Carrefour, où je suis responsable de la Commission Alimentaire, permet de centraliser et d’étudier les dossiers de chaque famille bénéficiaire. Il permet de coordonner les distributions, par les 8 sur 22 associations qui en font partie, de l’aide alimentaire.

Combien de bénévoles êtes vous pour faire tout cela ?

Pour les 4 Conférences, nous sommes 65 bénévoles avec des niveaux d’engagements différents et suivant les possibilités de chacun. C’est insuffisant. Il nous manque particulièrement des hommes et avec permis de conduire (pour la camionnette). Et oui, ne serait ce que parce que nos colis font une vingtaine de kilos et que les quatrième étage sans ascenseur semblent interminables :-) .

L’engagement n’est pas énorme en temps dans un mois.

Nous faisons deux enlèvements par mois à la banque alimentaire, l’inventaire, les visites et la distribution, une fois par mois. Quelques dépannes, une à deux réunions dans le mois et des actions ponctuelles, au moment de Noël par exemple.
Ensuite chacun est libre de rendre visite aux familles au temps qu’il le souhaite.

Vous ne faites pas mystère de votre engagement chrétien : quelqu’un qui ne partage pas cet engagement mais qui voudrait vous aider se sentira t’il à l’aise dans la Société de Saint Vincent de Paul ?

Bien sur ! C’est vrai que nos réunions commencent ou se terminent par un temps de prière. Mais les personnes qui ne désirent pas y assister, peuvent s’abstenir et adhérer au réseau Ozanam qui permet une aide efficace sans aucune implication religieuse.
Vous voyez, nous sommes très ouverts et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues !

Merci Christine Joseph !


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