SEDIRE RELAXE, FEMME BATTUE CONDAMNEE la justice est passée à Dunkerque.

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La Voix du Nord, édition de Dunkerque, le 27 juilet 2007.

Procès Sedire : de la prison pour la femme battue !

Le jugement mis en délibéré est tombé comme un couperet, hier : Aynur B., une femme de 34 ans qui s’était réfugiée auprès de l’association Sedire en 2004 après avoir subi les coups de son mari, a été condamnée à trois mois de prison avec sursis. Sa faute ? Avoir refusé de communiquer sa nouvelle adresse à son bourreau. Même si Sedire a été relaxée, les associations de défense des femmes battues sont écœurées.

« C’est inouï, inhumain, incompréhensible, indécent ! »

Les mots manquaient hier, dans la bouche des associations de défense des femmes battues à la sortie de la salle d’audience du tribunal de Dunkerque. Quelques minutes plus tôt, la présidente venait de rendre le jugement mis en délibéré dans « l’affaire Sedire » où une mère de famille de 34 ans était poursuivie pour avoir refusé de communiquer sa nouvelle adresse à son mari qui la battait. après s’être réfugiée auprès de l’association Sedire en 2004. L’époux violent avait alors décidé de porter plainte contre elle et contre la structure qui l’avait accueillie. La justice est allée dans le sens du mari en condamnant Aynur B. à trois mois de prison avec sursis simple et à 800 € de dommages et intérêts. Elle devra aussi verser 1000 € à son époux, au titre de l’article 475.1, somme qui servira « à payer les frais d’avocat de Monsieur », comme le soulignait avec amertume Armide Rey-Quesnel, l’avocate de Sedire.

« Pour notre fédération Solidarité femmes, cette décision remet en cause tout notre travail. »

L’association dunkerquoise et son ex-directrice, Mauricette Sauvignon, étaient également poursuivies, Elles ont été relaxées.

Une mère qui voulait protéger ses enfants

Pour Josèphe Mercier, la présidente de la fédération nationale Solidarité femmes 600 professionnels en France ., qui s’était déplacée hier, l’incohérence est totale entre « les intentions gouvernementales d’en finir avec ce "fléau social" et la pratique dans les tribunaux. En 37 ans d’existence, on a jamais vu une telle décision ».

Condamner une femme qui a voulu protéger ses enfants : le constat est difficile à avaler pour l’avocate de l’association, qui en est également la vice-présidente. « C’est aberrant, un mari peut être condamné au pénal pour violences sur sa femme ; au civil, la mère est obligée de lui présenter les enfants ! L’autorité parentale est aujourd’hui un instrument de guerre pour les pères violents », tonne Armide Rey-Quesnel.

L’association Sedire a décidé de faire appel de la décision.

PAR BENJAMIN CORMIER

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